Neuvaine à l’Enfant Jésus de Prague pour Noël

Neuvaine à l’Enfant Jésus de Prague

1. Pourquoi faire une neuvaine à Noël ?

La neuvaine de Noël est un temps spirituel privilégié pour se préparer à recevoir l’Enfant Jésus dans la crèche de nos cœurs. Les neuf jours qui précèdent la fête de la Nativité permettent de disposer intérieurement son âme afin d’accueillir la grâce particulière que Dieu accorde chaque année à Noël.

La prière, la contemplation devant la crèche, la communion — qu’elle soit sacramentelle ou spirituelle — ainsi que la célébration de la fête de la Nativité sont autant de moyens par lesquels le fidèle se rend disponible à cette grâce.

Concrètement, la neuvaine se vit jour après jour. On dira chaque jour, si possible devant la crèche ou devant une image de l’Enfant Jésus de Prague, la prière proposée. Pour bien accomplir cet exercice spirituel, il est conseillé de se confesser et de recevoir la Sainte Communion au moins une fois durant les neuf jours.

C’est dans cet esprit que s’inscrit la neuvaine à l’Enfant Jésus de Prague, traditionnellement récitée du 16 au 24 décembre.

2. Historique de la dévotion à l’Enfant Jésus de Prague

Selon les informations conservées et transmises par le sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague, la célèbre statuette trouve son origine en Espagne, probablement dans la première moitié du XVIᵉ siècle. Elle représente l’Enfant Jésus debout, vêtu d’une tunique royale, bénissant de la main droite et tenant le globe dans la gauche, signe de sa souveraineté divine exercée dans l’humilité.

En 1556, cette statuette arrive en Bohême grâce à Marie Manriquez de Lara, noble espagnole qui épouse cette année-là le seigneur Vratislav de Pernstein et s’installe à Prague. Profondément attachée à cette image de l’Enfant Jésus, elle la conserve comme un trésor familial. Trente ans plus tard, en 1587, elle l’offre à sa fille Polyxène de Lobkowicz à l’occasion de son mariage.

Polyxène, femme de foi reconnue, garde longtemps la statuette dans sa demeure. Mais le contexte politique et religieux est alors extrêmement troublé. La Bohême est secouée par des conflits armés, la pauvreté progresse, et les communautés religieuses sont durement éprouvées. Touchée par la situation précaire des Carmes déchaussés installés près de l’église Notre-Dame de la Victoire, Polyxène prend une décision décisive : en 1628, elle leur remet la statuette avec ces paroles restées célèbres : « Je vous donne ce que j’ai de plus cher au monde. Honorez l’Enfant Jésus, et vous ne manquerez jamais de rien. »

Les Carmes placent la statuette dans la chapelle du noviciat. Très vite, les religieux et les fidèles commencent à s’y recueillir, confiants dans la proximité de ce Dieu qui se fait enfant. Mais cette dévotion naissante est brutalement interrompue.

En 1631, Prague est envahie et pillée par les troupes protestantes saxonnes. Le monastère est saccagé, les religieux dispersés, et la statuette est jetée dans un coin, gravement endommagée : ses mains sont brisées. Pendant plusieurs années, elle demeure abandonnée, oubliée, silencieuse, comme ensevelie sous les ruines de la guerre.

C’est en 1637 qu’intervient l’événement fondateur de la dévotion telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette année-là, un carme, le Père Cyrille de la Mère de Dieu, revient au monastère. En parcourant les lieux dévastés, il découvre la statuette mutilée. Touché par son état, il la prend dans ses mains et se met à prier devant elle avec ferveur.

Selon le récit transmis par le sanctuaire de Prague, c’est alors que l’Enfant Jésus s’adresse intérieurement au Père Cyrille avec des paroles d’une densité spirituelle remarquable : « Ayez pitié de moi, et je vous ferai miséricorde. Rendez-moi mes mains, et je vous donnerai la paix. »

Ces mots ne sont pas compris comme une simple demande matérielle, mais comme un appel profond. Le Père Cyrille y discerne une invitation à restaurer non seulement la statue, mais aussi la confiance, la prière et le service. Malgré le manque de moyens, il s’engage à faire réparer la statuette. Peu à peu, les mains sont restaurées, la dévotion renaît, et la communauté retrouve stabilité et paix.

À partir de ce moment, la vénération de l’Enfant Jésus de Prague se diffuse largement. Les fidèles viennent prier, confier leurs intentions, demander la paix au cœur des épreuves. Les Carmes témoignent de nombreuses grâces reçues, et la statuette retrouve une place centrale dans la vie spirituelle de Prague.

Ainsi, au cœur d’une histoire marquée par la guerre, l’abandon et la reconstruction, la figure de l’Enfant Jésus s’impose comme un signe de paix offerte, une présence silencieuse mais agissante, rappelant que Dieu agit souvent à travers ce qui paraît petit, fragile et oublié.

3. « Je vous donnerai la paix » : les paroles fondatrices

Les paroles adressées au Père Cyrille constituent le cœur spirituel de la dévotion à l’Enfant Jésus de Prague. Elles sont reprises et expliquées notamment par le sanctuaire de Paris.

« Je vous donnerai la paix » : cette promesse demeure d’actualité. Elle est comprise comme une paix reçue au cœur même des épreuves.
« Plus vous m’honorerez, plus je vous favoriserai » exprime une relation vivante fondée sur la confiance et la fidélité.
« Rends-moi mes mains et je te rendrai la paix » est reliée à l’épisode historique de la statuette mutilée et est expliquée comme un appel au service, à l’engagement et à un esprit apostolique.

4. Des miracles rapportés encore aujourd’hui

La dévotion à l’Enfant Jésus de Prague est associée à de nombreux témoignages de grâces, y compris à l’époque contemporaine.

En 2015, aux Philippines, un enfant de trois ans atteint d’une grave malformation cardiaque congénitale devait subir une opération à cœur ouvert risquée. Sa famille plaça une réplique de la statue de l’Enfant Jésus dans sa chambre d’hôpital et récita la neuvaine quotidiennement. Les médecins constatèrent un renforcement spontané du cœur de l’enfant, et l’opération fut reportée sine die. Aujourd’hui adolescent, il mène une vie saine.

En 2018, à Séville, Maria López, atteinte d’un lymphome de stade III, fut confiée à la prière de l’Enfant Jésus. Après une neuvaine, les médecins annoncèrent une rémission complète, qualifiée d’« extrêmement improbable ». Son dossier médical est conservé au sanctuaire.

5. La prière transmise par le Père Cyrille et la neuvaine complète

Au cœur de cette dévotion se trouve une prière attribuée au Père Cyrille de la Mère de Dieu, carme déchaussé. Elle est destinée à être récitée avec confiance, notamment neuf jours de suite, dans l’esprit d’une neuvaine.

Voici le texte intégral de la prière :

Prière au Saint Enfant Jésus de Prague Révélée par la Sainte Vierge au V. Père Cyrille, carme déchaussé.

O Enfant Jésus, j’ai recours à Vous. Je Vous en prie, par votre Sainte Mère, assistez-moi dans cette nécessité (ici l’on expose l’OBJET DE SA DEMANDE), car je crois fermement que votre Divinité peut me secourir. J’espère avec confiance obtenir votre sainte grâce. Je Vous aime de tout mon cœur et de toutes les forces de mon âme. Je me repens sincèrement de mes péchés ; et je Vous supplie, ô bon Jésus, de me donner la force d’en triompher. Je prends la résolution de ne plus jamais Vous offenser ; et je viens m’offrir à Vous, dans la disposition de tout souffrir plutôt que de Vous déplaire. Désormais, je veux Vous servir avec fidélité. Pour l’amour de Vous, ô Divin Enfant, j’aimerai mon prochain comme moi-même. Enfant plein de puissance, ô Jésus, je Vous en conjure de nouveau, assistez-moi dans cette circonstance (NOMMEZ-LA), faites-moi la grâce de Vous posséder éternellement avec Marie et Joseph dans le Ciel, et de Vous adorer avec les saints Anges. Ainsi soit-il.

Saint Enfant Jésus, bénissez-nous. Jésus Enfant, écoutez-nous. Jésus Enfant, exaucez-nous.

Si vous souhaitez réciter cette neuvaine avec des méditations supplémentaires, vous pouvez prier celle proposée par la Fraternité Saint Pierre ici : https://fssp-chartres.org/2021/12/15/neuvaine-a-lenfant-jesus-pour-preparer-noel

6. Padre Pio et l’Enfant Jésus de Prague

Un témoignage rapporté dans Histoires de Padre Pio, par Katharina Tangari, évoque également la place de l’Enfant Jésus de Prague.

En 1951, Padre Pio annonça la guérison d’une enfant, Claretta, atteinte d’une grave malformation du fémur. Le 19 mars, jour de la Saint-Joseph, les médecins constatèrent la consolidation de l’os et la fin du traitement. Plus tard, Padre Pio remit une image de l’Enfant Jésus de Prague, affirmant que le temps de Noël était particulièrement propice pour demander des grâces.

À la messe de minuit suivante, la mère de Claretta pria l’Enfant Jésus avec ferveur. Ce matin-là, l’enfant se leva et marcha librement, retrouvant pleinement l’usage de ses jambes.

7. Une dévotion vivante, de Prague à Paris

En France, il existe un sanctuaire dédié à l’Enfant Jésus de Prague à Paris, lieu de prière et de transmission de cette dévotion. Le sanctuaire rappelle l’histoire de la statuette, les paroles adressées au Père Cyrille et le sens de la confiance placée dans l’Enfant Jésus. Il permet également aux fidèles de s’unir à cette tradition par la prière personnelle ou communautaire. Depuis le 2 février 2022, une statue de l’Enfant Jésus de Prague est installée dans l’église.

Voici l’adresse si vous souhaitez vous y recueillir :

Paroisse Saint-Louis d’Antin
63 rue de Caumartin – Paris 9e
4 rue du Havre – Paris 9e

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