Vitraux de Notre-Dame de Paris : une décision contre le patrimoine

Vitraux de Notre-Dame de Paris

1. Pourquoi le projet sur les vitraux de Notre-Dame choque-t-il autant ?

En décembre 2026, six baies situées dans le collatéral sud de la nef de Notre-Dame de Paris seront remplacées par des créations contemporaines. Ces baies accueillent aujourd’hui des vitraux du XIXe siècle réalisés dans le cadre du vaste chantier dirigé par Eugène Viollet-le-Duc, notamment par le peintre-verrier Alfred Gérente.

Rien d’exceptionnel, diront certains ? Sauf que ces vitraux n’ont pas été détruits. Ils ont survécu à l’incendie du 15 avril 2019.

L’autorisation de travaux vient à peine d’être affichée… et déjà les échafaudages sont en place.

Dès lors, une question s’impose : pourquoi remplacer ce qui n’a pas besoin de l’être ?

2. La charte de Venise est-elle délibérément ignorée ?

La France est signataire de la charte de Venise (1964), texte de référence en matière de conservation des monuments historiques. Ce document encadre les conditions d’intervention sur les édifices anciens.

L’article 9 précise que toute restauration doit conserver un caractère exceptionnel et s’appuyer sur le respect de la substance ancienne. L’article 8 indique qu’un élément décoratif ne peut être retiré que si cette opération est nécessaire à sa conservation.

Dans le cas présent, les vitraux concernés sont en bon état, protégés au titre des monuments historiques et ne présentent aucune dégradation justifiant leur dépose.

Dans ces conditions, l’opération envisagée s’écarte des principes de conservation pour relever d’un choix de transformation.

En juillet 2024, la Commission nationale de l’architecture et du patrimoine (CNAP), s’appuyant sur la Charte de Venise, a émis un avis défavorable à ce projet.

3. Détruire un ensemble cohérent au nom de quoi ?

Les vitraux du XIXe siècle installés dans les chapelles latérales ne constituent pas des éléments isolés. Ils s’inscrivent dans un programme décoratif global conçu par Eugène Viollet-le-Duc, visant à assurer une unité esthétique entre les différentes parties de la cathédrale.

L’autorisation de travaux mentionne elle-même que certaines verrières participent d’un même projet d’ensemble. Cette précision souligne la cohérence existante entre les différents vitraux de la nef.

La dépose des verrières du collatéral sud introduit donc une rupture dans cet équilibre, en altérant un ensemble pensé comme un tout.

4. Le devenir des vitraux déposés

Les vitraux retirés ne resteront pas dans la cathédrale. Le projet prévoit leur dépose, leur conservation, puis leur présentation au public.

Quatre d’entre eux doivent être exposés au château de Pierrefonds, tandis que deux autres seront présentés à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris.

Un vitrail est conçu pour un lieu précis, en fonction de son orientation et de la lumière qu’il reçoit. Le déplacer revient à le dissocier de sa fonction première et de son sens architectural.

5. Une modification de l’équilibre artistique et spirituel

Les chapelles concernées présentent aujourd’hui un équilibre entre différentes époques : éléments du XVIe siècle, œuvres du XVIIe siècle et aménagements du XIXe siècle issus du chantier de Viollet-le-Duc.

Les vitraux y jouent un rôle structurant en organisant la lumière et en participant à la cohérence de l’ensemble.

Les nouvelles créations ont été confiées à Claire Tabouret. Son travail s’inscrit dans une démarche contemporaine.

Cependant, créer pour Notre-Dame exige plus qu’un geste artistique : cela suppose une véritable intelligence du sacré.

Or, si l’on regarde plus largement l’œuvre de Claire Tabouret, on remarque que ses inspirations n’ont rien de « chrétiennes » L’esthétique de ses œuvres est en totale opposition avec l’esthétique chrétienne (voir ci-dessous quelques unes de ses œuvres) .

Œuvres de Claire Tabouret

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Dans une cathédrale, le vitrail ne relève pas uniquement d’un choix artistique. Il participe à une fonction spirituelle : transmettre la lumière, porter un message et accompagner la prière. La question posée est donc celle de l’adéquation entre une esthétique contemporaine et la vocation liturgique d’un lieu comme Notre-Dame.

6. Experts ignorés, opposition balayée : qui décide vraiment ?

La Commission nationale de l’architecture et du patrimoine s’est prononcée à l’unanimité contre la dépose des vitraux existants. Elle rappelle que la création contemporaine peut être envisagée dans un monument historique, mais qu’elle ne doit pas conduire à supprimer des éléments présentant un intérêt patrimonial avéré.

Des historiens, des architectes, des spécialistes du patrimoine ont également alerté.

Plusieurs personnalités ont également exprimé leur opposition, dont Roselyne Bachelot, qui déclarait :

« La France a signé la convention de Venise de 1964 qui rend absolument impossible toute dépose desdits vitraux et leur remplacement par des œuvres modernes. »

Mais rien n’y fait. La décision avance.

À cette opposition institutionnelle s’ajoute une mobilisation citoyenne significative, matérialisée par une pétition ayant recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures.

7. Quatre millions d’euros pour remplacer ce qui fonctionne

Le coût annoncé pour la création et l’installation des nouveaux vitraux s’élève à environ quatre millions d’euros.

À cela s’ajoutent les opérations liées à la dépose des vitraux existants, leur conservation et leur présentation dans différents lieux, notamment à Pierrefonds et à la Cité de l’architecture.

Dans un contexte où de nombreux édifices religieux et monuments historiques nécessitent des travaux urgents, cette dépense interroge sur la hiérarchie des priorités en matière de politique patrimoniale.

8. Une décision qui interroge le sens de la restauration

Notre-Dame de Paris est à la fois un monument classé dans son intégralité et un lieu de culte vivant.

Le projet en cours ne répond pas à une nécessité de conservation. Il consiste à remplacer volontairement un élément intact du patrimoine.

Il ne s’agit plus de restaurer, mais de transformer.

Cette décision soulève une question de fond : jusqu’où peut-on intervenir dans un monument historique sans en altérer la cohérence, l’histoire et la vocation ?

9. S’engager face à cette décision

Face à ce projet, différentes formes d’engagement existent.

Pour les croyants, la prière constitue une manière d’inscrire cette situation dans une perspective spirituelle, en demandant que les décisions prises soient justes et respectueuses du lieu.

Sur le plan civique, une pétition appelle au maintien des vitraux actuels et rassemble un nombre important de signataires :
https://www.change.org/p/conservons-%C3%A0-notre-dame-de-paris-les-vitraux-de-viollet-le-duc

L’histoire de Notre-Dame de Paris s’inscrit dans la durée. Elle est le fruit d’un héritage transmis à travers les siècles.

Le débat actuel dépasse la question de six vitraux. Il interroge la manière dont une société considère son patrimoine et la responsabilité qu’elle assume dans sa transmission.

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